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Capsules Nº012 - TSUTSUMIKOMU — envelopper
Tsutsumikomu signifie « envelopper », « entourer entièrement ». Ce mot évoque quelque chose qui ne s’impose pas, mais qui se referme doucement autour de nous. Une présence discrète, continue, qui finit par nous absorber sans que l’on s’en rende compte.
C’est exactement ainsi que les villes japonaises se donnent à vivre.
Quand on pense au Japon, on pense presque immédiatement à ses villes. Tokyo, immense mégalopole ultra moderne, animée à toute heure du jour et de la nuit. Kyoto, capitale culturelle, avec ses quartiers historiques comme Gion, qui accueillait autrefois les geiko et où l’on peut encore apercevoir aujourd’hui des maiko, apprenties geisha. Ou encore Hiroshima, ville marquée par une histoire tragique, qui a su se reconstruire et devenir un centre régional dynamique et vivant.
Et si je dois vous faire une confidence : les villes japonaises ne sont pas particulièrement jolies au sens classique du terme. Bien sûr, nous avons parlé dans une précédente capsule de l’architecture traditionnelle, raffinée et harmonieuse. Mais dans les grandes villes, ces techniques sont plus rares. Il n’y a pas réellement de direction architecturale globale : chaque bâtiment semble exister pour lui-même, sans chercher à ressembler à son voisin.
D’ailleurs, si vous avez un jour la chance de prendre le shinkansen, je vous mets au défi de reconnaître la ville dans laquelle vous vous trouvez une fois sur le quai. Depuis une gare, beaucoup de villes japonaises se ressemblent.
Et pourtant, c’est justement là que réside quelque chose d’assez fascinant : les villes sont agréables, même sans être belles. Il s’en dégage un sentiment de bien-être, de sécurité, de calme. Peu de klaxons, peu de cris. Des gens qui avancent, vivent, et partagent l’espace avec une attention constante aux autres.
Ce calme apparent cache en réalité une ville aux multiples visages, où chaque quartier raconte une histoire différente.
Certains quartiers sont entièrement dédiés à une seule activité. Kabukichō à Tokyo, pour sortir, boire et manger dans les izakaya ou les bars. Akihabara pour l’électronique, la culture populaire et la modernité. Dōtonbori à Osaka, pour se perdre dans la foule, goûter à la street food et s’arrêter devant des salles de jeux et des machines à pinces. Un mélange qui rend chaque ville unique et donne envie de s’arrêter à chaque station de métro.
Vous remarquerez aussi que la vie urbaine au Japon est très verticale. Des immeubles entiers dédiés au divertissement : un bar à fléchettes à un étage, un club à un autre, des salles d’arcade encore au-dessus. Une grande partie de la vie ne se joue pas au rez-de-chaussée. Alors si un jour vous vous perdez en cherchant une adresse, levez la tête et observez les enseignes et pictogrammes : ils vous guideront bien plus que vous ne l’imaginez.

















































